Drachmes de Phraates III 


Les différents types

Il est maintenant clairement établi que les frappes anciennement assignées à Darius ne peuvent en réalité appartenir qu'à Phraates III, et nous avons donc quatre types de drachmes à l'effigie de ce dernier.
La première émission pourrait avoir débuté vers 67/66, une fois son rival Arsaces XVI chassé de Mésopotamie. Alors que sont frappés les tétradrachmes S.36 à Séleucie, désormais aux mains de Phraates, de nombreux ateliers répartis dans tout l'Empire ainsi que plusieurs ateliers itinérants se partagent la production des drachmes du même type.
Le type suivant, S.35, nous offre un impressionnant portrait de face. Cette émission a pu être ordonnée alors que Phraates III était encore aux prises avec Arsaces XVI dans l’est de l’Empire, mais il est plus probable qu’elle vienne commémorer la victoire définitive de Phraates, par l’adoption d’une représentation spectaculaire jamais utilisée auparavant dans le monnayage parthe. Du reste la rareté de cette émission nous indique qu’elle a dû être de courte durée. Sur cette série Phraates reprend à son compte le qualificatif ΘEOΠATOPOΣ, utilisé préalablement par Arsaces XVI pour faire valoir sa filiation avec Mithradates II.
La chronologie des émissions S.38 et S.39 reste incertaine. Sur le type S.39, semble-t-il le premier des deux à être frappé, Phraates III reprend fidèlement l'iconographie des drachmes S.33 de son père Sinatruces, sans doute pour mettre l'accent sur sa légitimité à hériter du trône parthe. Le type S.38 arrive théoriquement ensuite, pour être frappé jusqu'à la fin du règne. Toutefois, compte tenu de l’importante production du type S.39, de la frappe de bronzes de Suse au type S.38 dès 62/61*, et de l’émission vraisemblablement simultanée des rares drachmes S.38 et S.39 au monogramme ΓΠΣ de ce même atelier, tout porte à croire que les deux types ont dû cohabiter au moins sur une certaine période.

*G.R.F. Assar, 2006, A Revised Parthian Chronology of 91-55 B.C., p.91


Evolution de la légende en fonction de l'émission

Les drachmes S.36 affichent la légende BAΣIΛEΩΣ MEΓAΛoY / APΣAKoY / EΠIΦANoYΣ (KAI) ΦIΛEΛΛHNoΣ / ΦIΛoΠAToPoΣ EYEPΓEToY.
La titulature évolue sur le type S.35, le qualificatif ΦIΛoΠAToPoΣ étant remplacé par ΘEoΠAToPoΣ. Ce dernier titre est lui-même abandonné sur les deux émissions postérieures.


Rev36 Rev35 Rev39 Rev38
S.36
ΦIΛoΠAToPoΣ
S.35
ΘEoΠAToPoΣ
S.39 S.38


L'atelier

A partir de Phraates III les drachmes portent au revers un monogramme, le plus souvent situé sous l'arc, qui indique l'atelier monétaire. Ces monogrammes permettent d’identifier dix ateliers différents en activité pour ce règne, auxquels il faut ajouter l’atelier de Suse, qui se différencie de manière singulière.
Avec dans un premier temps la question d’un rival réfugié dans le nord-est de l’Empire, et donc les risques de guerre civile, les opérations de reconquête menées contre Tigrane II, puis la menace de plus en plus précise d’une guerre avec Rome, Phraates III passe l’essentiel de son règne en campagnes militaires. Le financement de ses déplacements, d'un bout à l'autre de l'Empire, nécessite que le souverain s’accompagne d’un atelier monétaire itinérant. Les frappes de cet atelier se distinguent par les lettres ΣTP, sous forme de monogramme, qui sont l'abréviation de (KATA) ΣTPATEIA.
Ce monogramme peut prendre diverses formes :  STR1,  STR1-bis,  STR4,  STR4-bis,  STR5 ou  STR6.
Pour chaque émission on distingue plusieurs types produits par les ateliers itinérants. Sellwood baptise ces ateliers "Cour" d’Ecbatane, de Rhagae, de Mithradatkart, de Nisa ou d’Artemita. Les graveurs responsables de ce monnayage de campagne étaient en effet nécessairement originaires d’une des principales cités chargées habituellement de la production monétaire. Les variantes dans la titulature et dans l’aspect du monogramme, le style de la monnaie, sont les éléments qui doivent permettre de rattacher ces divers types aux graveurs d’une cité plutôt que d’une autre.


L'effigie, selon le type et l'atelier

S.36   Barbe courte, visage encore assez jeune. Torque se terminant par un globule, ou collier fermé avec un médaillon. Les variations de style entre les différents ateliers restent assez subtiles.
Ateliers : Ecbatane, Rhagae, Mithradatkart, Nisa, Margiane, Suse, Ateliers itinérants
Ecb. 36.5 Ecb. 36.6 Ecb. 36.9 Ecb. 36.12
Photo Kunker Photo Freeman & Sear Photo Peus Photo Peus
Ecbatane
S.36.5 (Torque) & S.36.6 (Médaillon)
Rhagae  S.36.9 Mithradatkart  S.36.12

S.35   Portrait frontal, barbe courte. Le roi porte un médaillon (sauf sur les types S.35.12 & 35.13). Les différences de style entre ateliers, voire au sein d'un même atelier, sont très marquées.
Ateliers : Ecbatane, Rhagae, Mithradatkart, Nisa, Traxiane, Aria, Ateliers itinérants
Ecb. 35.1 Rhagae 35.7 Mithr. 35.4 Nisa 35.9
Photo C.N.G. Photo Nomos Photo C.N.G. Photo Peus
Ecbatane  S.35.1 Rhagae  S.35.7 Mithradatkart  S.35.4 Nisa  S.35.9

S.39   Phraates porte une tiare ; barbe moyenne ou longue.
Ateliers : Ecbatane, Rhagae, Mithradatkart, Nisa, Kangavar, Traxiane, Margiane, Aria, Suse, Ateliers itinérants
(D'après leur style les drachmes d'Ecbatane et de Kangavar proviennent certainement de coins réalisés par les mêmes graveurs)
Ecb. 39.2 Ecb. 39.4 Ecb. 39.6 Ecb. 39.12
Staatliche Museen zu Berlin Coll. privée Coll. privée Coll. privée
Ecbatane  S.39.2 Rhagae  S.39.4 Mithradatkart  S.39.6 Margiane  S.39.12

S.38   Effigie diadémée, barbe longue.
Ateliers : Ecbatane, Rhagae, Mithradatkart, Nisa, Traxiane, Margiane, Laodicée, Artemita, Suse, Ateliers itinérants
Ecb. 38.3 Rh. 38.5 Mithr. 38.6 Nisa 38.-
Photo British Museum Coll. privée Photo C.N.G. Photo Peus
Ecbatane  S.38.3
(Torque avec un griffon)
Rhagae  S.38.5 Mithradatkart  S.38.6 Nisa  S.38.10
Trax. 38.9 Marg. 38.10 Artemita 38.13 Suse 38.15
Photo Peus Coll. privée Photo Peus Photo Peus
Traxiane  S.38.9 Margiane  S.38.10 Artemita  S.38.13
(Torque avec un griffon)
Suse  S.38.15
(Collier avec un médaillon)

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