Titre

Que ce soit dans la littérature spécialisée ou sur les sites internet dédiés à la numismatique antique, la question des faux est trop souvent éludée. Pourtant, le nombre de faux en circulation étant de plus en plus important et le monnayage parthe n’étant pas épargné, il serait aventureux d’ignorer ce fléau.
La qualité de ces contrefaçons est extrêmement variable selon le procédé de fabrication employé (monnaie coulée, frappée, coulée sous pression…), et la difficulté de les identifier sera en rapport.
L'objectif de cette page consiste à présenter un petit nombre de spécimens qui apparaissent régulièrement dans les ventes, afin d'éviter des acquisitions malheureuses.

Une partie des faux modernes parthes, de facture très rudimentaire, n’est pas de nature à tromper grand monde. On y trouve des monnaies coulées facilement identifiables comme telles (1 à 3), ainsi que des productions totalement fantaisistes (4).

1 2
3 4
1 à 3    Faux coulés (reliefs "mous", petites excroissances ou petits trous dus aux bulles d'air créées au moment du coulage.)
4    Faux "pour touristes"


Bien différentes des monnaies 1 à 4, qui peuvent prêter à sourire, les contrefaçons produites à partir de coins gravés à notre époque copient des types connus ou inventent des types inexistants. Suivant le talent du faussaire le style sera plus ou moins proche de celui des monnaies authentiques, mais logiquement jamais conforme au point d’abuser un amateur suffisamment expérimenté.
Une importante série de rares drachmes apparues brutalement sur le marché à partir de 1988 a fait l’objet d’une étude de l’IBSCC (International Bureau for the Suppression of Counterfeit Coins), en 1994. Ces monnaies, trop parfaites et toutes manifestement issues de coins réalisés par le même graveur, alors qu’elles s’étendent prétendument sur une période de deux siècles, n’ont pas résisté à un examen méthodique et objectif. Ce document est à lire dans son intégralité par tout collectionneur s’intéressant au monnayage parthe ; seuls quelques exemplaires représentatifs de cette série figurent ici (5 à 10).

Le cas des statères en or de Vonones Ier est aussi traité dans l’étude de 1994 de l'IBSCC. Concernant l’absence de monnaies parthes en or authentiques en général, le sujet est déjà évoqué dans "Dénominations", aussi il ne sera pas développé ici.

W-1 W-2
W-3 W-4
W-5 W-6
5 à 10    Quelques faux frappés par les coins modernes signalés dans l'étude de 1994 de l'IBSCC


Autre cas de figure, de nombreux faux modernes sont issus de coins réalisés à partir de moulages sur des monnaies authentiques. L'examen du style ne nous est donc d'aucun secours et un exemplaire isolé risque fort de passer inaperçu, surtout au sein d'un groupe de monnaies authentiques. Lorsque ce sont des monnaies communes qui sont reproduites, ce qui est fréquent, la vigilance de l’acquéreur est moindre et ces faux s’avèrent alors redoutables. Toutefois, étant généralement produits en multiples exemplaires, ils deviennent au bout d’un certain temps repérables.
De façon générale on se tiendra à distance des monnaies trop semblables (centrage, mêmes défauts aux mêmes emplacements, etc) (17-18-19). Bien que le poids ne soit guère déterminant, on restera malgré tout prudent lorsque le poids est par trop hors normes. On sera aussi alerté si apparaît en périphérie de la monnaie une zone vide de toute empreinte (25-26-43). Parfois, une association aberrante entre avers et revers confirme qu'il s'agit de l’œuvre d'un faussaire (19-25-26-31-32-39-40-41-43).
Pour rester optimiste, la différence entre deux faux identiques et deux monnaies authentiques issues de mêmes coins est en principe suffisamment importante pour trier le bon grain de l’ivraie.

10.1-1 10.1-2
11 & 12    Fausses drachmes S.10.1 (8 exemplaires identiques dans la base de données de parthika) Frappées ou coulées ?
27.1-1 27.1-2
13 & 14    Fausses drachmes S.27.1 (8 exemplaires de même coin de revers recensés)
31/27 33/27
15 & 16    Même coin de revers que 13 & 14, avers S.31 et S.33 (2 et 5 exemplaires recensés)
35.1-1 35.1-2
17 & 18     S.35.1 (nombreux exemplaires de ce type en circulation, 8 spécimens de mêmes coins recensés)
36.6/35.1
19    Avec le même coin de revers que 17 & 18, un avers S.81 !
48.-1 48.-2
20 & 21    S.48 au monogramme de Mithradatkart (4 spécimens identiques recensés)
48.9/Mithr 48.9/Mithr
22    Avec le même revers que 20 & 21, un avers S.48.9 d'Ecbatane 23    Un autre exemplaire, mais avec l'étoile et le croissant volontairement effacés à droite
53.3-1 53.3-2
24 & 25     S.53.3 (5 exemplaires recensés)
53.3-3 53.3-4
26 & 27     S.53.3/S.63.6 (même avers que 24 & 25 ; 5 spécimens recensés)
63.6-1 63.6-2
28 & 29     S.63.6 (même revers que 26 & 27)


28 33.2
30 & 31     Avers S.28.6 et S.33.2, même coin de revers S.33
47-1 47-2
32 & 33     S.47/S.33 (même revers que 30 & 31, 7 spécimens identiques recensés)


51 55.10
34    Tétradrachme S.51 (copie à partir d'un exemplaire authentique)
     Tétradrachme S.55.10 (un autre exemplaire identique : New York Sale 34, 303)    35

60-1 60-2
36 & 37     Tétradrachmes S.60 (4 spécimens identiques recensés)


80.1-1 80.1-2
38 & 39    S.80 (6 spécimens identiques recensés)
84-1 84-2
40 & 41     Association avers/revers aberrante
28/84 84-3
42 & 43     Même revers fantaisiste pour Mithradates II et pour Vologèses IV
28/63.6
44    Avers identique à 42 et revers identique à 26 à 29


Haut de page Plan du site            Page d'accueil